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Histoire  de la commune de  Crainhem (Kraainem) :

La préhistoire à Crainhem (Kraainem). 

La région de Crainhem (Kraainem) est boisée et très marécageuse. Quelque peuplades sauvages y vivotent dans des huttes de torchis. Les hommes et les femmes sont vêtus de peaux de bêtes, possèdent de très rudimentaires outils, mangent ce qu’ils trouvent : du gibier, des racines, des poissons ; leur vie est rude, difficile et courte à Crainhem.

Au sud de ce qui, bien plus tard, sera Bruxelles coule un ruisseau qui, bien plus tard aussi, sera appelé la " WOLUWE ". Il coule le long d’une vallée, plus ou moins large, jadis envahie par la mer (on y trouve encore des débris de coquillages), et y déborde souvent. Les inondations ne datent pas d’aujourd’hui !

Cette région, peu prospère à l’époque, s’étend depuis ce que nous appelons aujourd’hui les communes d’Audergem, Watermael-Boitsfort, Woluwé-St-Pierre, Woluwé-St-Lambert jusqu'à Evere, Kraainem, Zaventem, Diegem, Vilvorde etc…

Cette situation relativement privilégiée fera de Crainhem (Kraainem) un centre assez important pour le commerce local, l’agriculture et le ramassage de tourbe dans la vallée. La tourbe servait de combustible à cette époque. Plus tard, de nombreux moulins et quelques industries s’implantèrent le long de la Woluwe. La nature du sol argileux de Crainhem favorisa également l’implantation de briqueteries qui étaient nombreuses du côté de Zaventem et Nossegem, mais qui ont disparu après la dernière guerre.

PERIODE ROMAINE

Avant la période Romaine, la Gaule était peuplée de tribus d’origine germanique (Aduatiques, Mérovingiens, Eburons, Menapiens, etc…). Crainhem faisait partie de la région, située entre l’Escaut, la Meuse et la Dyle était occupée par la tribu des Nerviens. La population survivait grâce à l’agriculture, le travail de la poterie, la chasse et la pêche. La loi était celle du chef, les coutumes et la religion étaient dominées par les Druides, sorte de Grand-Prêtres.

Les Romains envahirent les Gaules en 58 avant J.C. La conquête prit 8 années et s’acheva en 50 avant J.C.

De cette époque date le début de la civilisation dans nos régions ; des routes romaines sont créées, des marchandises venant du Sud et de l’Est de l’Europe font leur apparition, les villages s’organisent, les premières villas romaines sont construites ; il y en a une à Kraainem à peu près à hauteur de la Maison Communale, située sur une butte, à l’abri des inondations. Après sa démolition, la butte fut rasée et ses terres comblèrent en partie la partie basse de la tour de l’église située un peu en contre-bas et qui, à cette époque, avait été partiellement détruite, semble-t-il.

LA PERIODE FRANQUE ET LE MOYEN-AGE

De 290 à 507 après J.C. les invasions germaniques détruisent tout. Les FRANCS envahissent et occupent pratiquement une très grande partie des anciennes Gaules. L’économie se développe, de gros bourgs naissent (Gand, Bruges, Bruxelles, Tongres, Liège, Namur, etc…), un début d’organisation politique se fait jour avec les Maires de Palais, la loi Salique ; c’est la naissance du Moyen Age, mais les temps sont troublés, les révolutions fréquentes. 

A Crainhem (Kraainem), c’est Saint Lambert qui évangélise la région. Une église existait à Kraainem depuis le début du IXe siècle à l’emplacement de l’église actuelle de St. Pancrace. On y voit encore les vestiges de l’église mérovingienne, notamment à l’entrée, quatre colonnettes en grès à tête de bouquetin à cornes noueuses qui, paraît-il, sont uniques en Belgique. La tour de l’église de Crainhem (Kraainem) daterait du XIIe siècle, on n’en voit plus que le sommet, la base et une partie du corps sont enterrées à la suite de réfections et reconstructions diverses.

INVASIONS NORMANDES ET NAISSANCE DE CRAINHEM (KRAAINEM).

Vers l’an 1.000, les Normands pillent nos régions. Ils menacèrent Gand qui résista bien, ils détruisirent néanmoins les abbayes de St. Bavon et de St. Pierre à Gand, ils allèrent jusqu’à Liège et Louvain où ils furent battus en 891 par le Roi de Germanie.

Le territoire de Crainhem (Kraainem), comme bien d’autres, appartenait à l’abbaye de St. Bavon à Gand, laquelle appartenait au Comte de Flandre, Arnold le Vieux.

En 940 le Comte de Flandre fit don de nos territoires au Comte de WIJNEN, son beau-fils. La famille de Wijnen reste au pouvoir à Kraainem jusqu’au 12e siècle . Cette famille était très puissante, possédait l’abbaye d’Affligem, les localités de Moorsel, Sterrebeek, Stockel, notamment.

Le nom de la localité apparaît : " CRAYENHEM ". Il semble que cela vienne de " pays des Corneilles ", (il y avait beaucoup d’oiseaux de cette espèce dans le pays). D’autres disent que cela voudrait dire " pays de la Croix. Querelle d’école ou querelle de réalistes et de catholiques ? Peu importe en définitive.

Crainhem (Kraainem) est devenu un lieu de passage des riches marchands qui faisaient le voyage des Flandres vers l’Empire Germanique. La villa de Crainhem (Kraainem) est également une halte très fréquentée par ces voyageurs.

Outre l’ancienne route romaine, appelée la " Keulse Baan ", une seconde route longeait la Woluwe depuis sa source jusqu’à son confluent avec la Senne à Machelen.

A l’époque, la commune était composée de trois parties déjà bien distinctes et qui le sont restées :

NEER KRAAINEM (BAS KRAAINEM) : l’actuelle place de la station et les alentours.

HOOG KRAAINEM (HAUT KRAAINEM) : l’actuelle maison communale et ses alentours. C’est là que se trouve la maison des Seigneurs de Kraainem. Neer-Kraainem et Hoog-Kraainem étaient reliés par un chemin qui se trouvait là où se situent actuellement les rues Van Hove, (appelée jadis " la chaussée de Crainhem – Cassey van Crainhem "), la rue Verhaegen et l’avenue des Sorbiers. On y trouvait de nombreux cafés !

STOCKEL : Le quartier actuel de Stockel s’étendait depuis l’avenue de Tervueren jusqu’à l’avenue Hebron à Crainhem (Kraainem), environ ; c’était la forêt (de Soignes) actuelle avec une grande ferme située à l'emplacement de l'actuelle rue de la Ferme, près de la Place Dumon. Un chemin reliait Hoog-Kraainem à Stockel où les gens allaient se fournir en bois de chauffage et chasser (ou braconner) à l'occasion. Ce chemin était un chemin creux. La rue de Stockel et l'avenue Astrid ont été construites sur son emplacement.

A la fin du XIe siècle, les seigneurs de Crainhem (Kraainem) étaient sujets du Duc de Brabant. Ils avaient des possessions à Zaventem et étaient "protecteurs" de l'abbaye de Nivelles.

Du point de vue religieux, Crainhem (Kraainem) dépendait du diocèse de Cambrai.

DU XIIe SIECLE AU XVIIe SIECLE

Le XIIe siècle fut fertile en événements, de nombreux seigneurs se succédèrent suite à d'aussi nombreux décès. Ce fut vers 1143 que le domaine de Kraainem échu à WOUTER VAN BELLE qui avait épousé la nommée BERTHA VAN AA, fille du baron d'Anderlecht. Les deux jeunes époux reçurent en cadeau une série impressionnante de territoires et notamment la "protection" sur Anderlecht, Gooik, Beringen, Wemmel, Lombeek, Dilbeek. Ce sont ces deux personnages qui sont représentés sur nos armoiries qui reproduisent la sculpture qui se trouve sur la pierre tombale de GEORGES KIEFFELT, seigneur de Kraainem de 1626 à 1653. Cette pierre tombale se trouve dans la chapelle de Marie la Misérable située avenue Emile Vandervelde à Woluwé-St-Lambert.

A la fin du XIIe siècle, des héritages partagèrent les possessions des seigneurs de Kraainem et la commune fut finalement réduite à son territoire actuel.

On commençait à y cultiver la vigne et à produire du vin et de la bière. Le vignoble de Kraainem était situé entre la chaussée de Louvain et l'autoroute actuelle (rue du Moulin).

Au XIIe siècle, le village comptait 81 habitations (soit environ 300 à 400 habitants). Les naissances étaient nombreuses, mais la mortalité infantile frappait à peu près les trois quarts des nouveaux-nés.

Au XVe siècle, c'est la guerre civile (Charles le Téméraire et Marie de Bourgogne). A Kraainem il ne reste plus que 22 maisons debout! En 1437 une grande famine ravage la population et est suivie d'une terrible épidémie de peste.

En 1495 la paix et la prospérité reviennent avec l'arrivée au pouvoir de Philippe le Beau, duc de Brabant.

Cela ne dure pas longtemps car, au XVIe siècle, éclatent les guerres de religion. Les soudards espagnols du duc d'Albe saccagent tout et, entre autres, notre église est pillée et en bonne partie démolie. Des épidémies déciment les populations, la famine règne à nouveau…

 En 1599, la paix revient avec les archiducs Albert et Isabelle. Sur le plan religieux, nous passons sous l'autorité du nouvel archevêque de Malines qui regroupe les diocèses de Bruges, Gand, Anvers, Ypres, Bois le Duc et Roermond…

FIN DU XVIIe AU XXe SIECLE

En 1667, Louis XIV, invoquant un prétendu droit de dévolution, revendique le pays au nom de sa femme. La guerre se poursuit durant plusieurs années, jusqu'en 1678. Kraainem n'est pas épargné et les troupes françaises détruisent tout sur leur passage, les Eglises sont pillées, les femmes violées, brefs de vraies brutes sanguinaires!

Le siècle se termine fort mal: disettes, pillages, rixes sanglantes etc… A ce moment Kraainem comptait encore, en tout et pour tout, 29 chaumières, 2 brasseries, 4 auberges et 5 boutiques et ateliers. Soit une population d'environ 150 à 200 personnes pour un territoire de 370 bonniers. On peut s'étonner du nombre de brasseries et auberges, mais les auberges logeaient les voyageurs qui circulaient sur le Keulsebaan et les brasseries étaient en fait des brasseries occasionnelles qui n'ouvraient que temporairement, en fin de semaine et les jours de fête, et servaient de lieux de réunion aux habitants. On y servait de la bière et du vin. Tout le monde s'y retrouvait pour y causer et se chauffer car les habitations particulières n'étaient guère confortables.

De 1700 à 1706, nous sommes occupés par les armées françaises. De 1706 à 1715 nous sommes occupés par les anglo-hollandais.

En 1704 on entreprend la construction de la chaussée de Louvain.

En 1711 l'Eglise St. Pancrace est à nouveau pillée et dévastée. Les Cendres de Saint Pancrace sont éparpillées (la cure les conservait depuis plus de 700 ans!), les registres paroissiaux sont détruits et brûlés. Il est intéressant de savoir que depuis 1406 c'est l'Eglise paroissiale qui tenait seule ces registres qui furent imposés par le Concile de Trente en 1563, pour les naissances et les mariages. Avant cela, il n'y avait rien.

En 1745, nouvelle guerre avec la France et Kraainem est à nouveau occupé.

En 1748, le traité d'Aix-la-Chapelle restitue le pays à l'Autriche dont les troupes, acclamées par la population d'ailleurs, occupent le pays.

En 1738, 1768, 1792 et 1793, la faim provoque des émeutes et des pillages.

Déjà à cette époque la WOLUWE provoquait de fréquentes inondations et à ce sujet, il n'y a rien de neuf sous les nuages, à part le fait que les inondations deviennent de plus en plus importantes.

En 1786, Kraainem compte 552 habitants.

En 1792, la France déclare la guerre à l'Autriche et occupe à nouveau le pays. Nous sommes incorporés dans le nouveau département de la Dyle, nous sommes à nouveau pillés et connaissons les assignats révolutionnaires comme monnaie. Les églises sont fermées et les prêtres doivent célébrer leurs messes en cachette. C'est une période noire pour le pays.

LE XIXe SIECLE

En 1800 Kraainem comptait 538 habitants…Napoléon, Premier Consul, supprime les conseils municipaux de canton et rétablit l'AUTONOMIE COMMUNALE (Loi du 27 Ventôse An VIII ou du 18 mars 1800). Le Conseil communal est nommé par le Préfet du département de la Dyle parmi les habitants les plus imposés (soit les plus riches: c'est le suffrage censitaire). Il se rassemble au maximum 15 fois par an et est présidé par un Maire nommé également par le Préfet. Le Maire est flanqué d'un Maire-Adjoint. Il n'y a pas de Collège des Maires et Echevins puisque la fonction d'échevin est inexistante. le Premier Maire de Kraainem est un certain VAN MILLEN nommé en 1802.

Le 16 janvier 1801 Bonaparte signe le Concordat qui rétablit légalement la religion catholique et met fin aux persécutions. Les Eglises sont réouvertes au culte le 4 juin 1801.

En 1804 Napoléon se proclame Empereur et nos populations sont soumises à la conscription militaire, ce qui les mécontente fort. Rappelons aussi que notre organisation administrative a été copiée sur le modèle français et que le Code Napoléon est à la base de notre législation actuelle, le Code Civil.

Napoléon est vaincu à Waterloo en 1815. A noter qu’à cette époque la forêt de Soignes couvre encore une superficie de 12.385 Ha et qu’il y existe encore de nombreux loups. Des primes sont payées pour les abattre (20 fr Par loup…, ce qui n’était pas si mal pour l’époque).

Le 30 juillet 1814 les Hollandais de Guillaume d’Orange font leur entrée à Bruxelles. L’hiver de 1814-1815 est très rigoureux et provoque des famines et, par conséquent, des pillages. La population est très mécontente et la révolte gronde.

La révolution brabançonne éclate en 1830. Les Hollandais sont chassés du Pays et le Congrès National décrète l’indépendance de la Belgique le 30 novembre 1830, instaure la Monarchie, instaure l’Eglise Catholique comme seule autorisée, décrète que la langue française est la seule langue officielle du pays (ce sera l’origine de nos querelles linguistiques ultérieures). Les élections se feront au suffrage censitaire.

Kraainem compte 567 habitants. Le budget communal est déjà en boni… :
Recettes : 1.381,99 fr
Dépenses : 1.362,44 fr
Boni : 19,50 fr…..

La loi communale de 1836 impose aux communes la tenue des registres de l’Etat-civil qui, auparavant, étaient tenus par le curé de chaque paroisse. Nos archives communales ne vont donc guère au-delà de cette période.

En 1840, le budget communal est en déficit suite à une mauvaise gestion de l’ex-receveur communal, et aux frais d’entretien d’un "insensé" enfermé à l'hospice de Geel et d'un autre placé au dépôt de mendicité de la Cambre, "ce qui – écrit le Bourgmestre aux autorités de tutelle – nous oblige à avoir recours à un subside de 400 fr sur les fonds provinciaux pour combler ce déficit".

En 1842, on construit l'actuelle chaussée de Malines qui va de Waterloo à Malines. Les moyens de communication sont limités: un chemin creux vers Stockel (rue de Stockel, avenue Astrid), un chemin de terre de Laag-Kraainem vers Hoog-Kraainem (rue Van Hove, rue Verhaegen, avenue des Sorbiers), un chemin creux vers le village de Wezembeek (rue Leenaerts), un chemin vers Tervueren (Chée. de Hoogvorst, en passant par la forêt de Stockel) et un chemin de terre qui allait de Woluwe vers Oppem (l'avenue de Wezembeek actuelle a été achevée en 1954 seulement, c'est une voirie d'Etat, son coût a été de l'ordre de 3 millions de frs uniquement pour la partie de Kraainem). C'était à peu près tout.

Les gens circulent à pied ou à cheval s'ils sont assez riches pour s'en acheter un… Un rapport du conseil communal adressé à la province le 26 octobre 1892 signale que "personne dans la commune de Crainhem ne possède de vélocipède".

La première ligne de tram à vapeur qui traversera la commune n'a été mise en exploitation qu'en octobre 1892 (ligne SNCV St-Josse-ten-Noode – Louvain). Elle passait dans l'actuelle Avenue des Anciens Combattants et allait vers Vossem.

Le premier recensement de la population a lieu le 15 novembre 1846. La population est de 688 habitants. Il y a 131 maisons, 84 enfants qui suivent des cours à l'école et 149 personnes qui sont assistées par le Bureau de Bienfaisance (notre CPAS actuel), soit près d'un quart de la population… A l'école on apprend à lire, à écrire et à calculer, c'est tout. Mais les édiles se plaignent de ce que l'école est désertée par les enfants pendant les mois d'été…

Il y a un moulin à eau qui fabrique du papier (13 ouvriers) et un autre qui moud le grain. il y a une brasserie, des tourbières et des carrières (argile et sable) ainsi que 425 Ha de cultures (principalement des céréales) sur une superficie totale de 580 Ha. La seule langue utilisée à Kraainem est le flamand, mais la commune est gérée en français selon la loi.

La fabrique de papier, qui comptera près de cent ouvriers et ouvrières en 1892, était située à l'endroit et dans le vieux bâtiment où se trouve actuellement le dépôt communal (rue Denayer).

Le bourgmestre en 1848 s'appelle Guillaume HUSEWEELS. Ses successeurs ont été, entre autres, Jean VANDENPLAS (1849-1855), Charles DE RYCKE (1856–1866), VAN DEN HOVEN (1867-1877), DEKEYZER (1877-1879), Joseph VAN HOVE (1879-1921), Charles VERHAEGEN (1921-1926), Arthur DEZANGRE (1927-1951), G. MORLEGHEM (1952-1952), Edmond COPPENS (1953-1976), Léon MARICQ (1977-2000).

En 1889 Kraainem connaît une dernière épidémie de choléra. Il n'y a pas de médecin dans la commune. Ce n'est qu'en 1850 qu'un "vaccinateur" sera nommé à Woluwé-St-Etienne. Il n'existe pas davantage de corps de pompiers dans les environs et le premier garde champêtre fut nommé le 13 janvier 1859, il était armé "d'un sabre et d'un baudrier…".

A noter encore qu'en ce milieu du XIXe siècle, il n'existait à Kraainem ni société littéraire, ni quoi que ce soit de culturel. La fanfare locale "Kunst en Vrijheid" a été créée en 1875.

Les salaires étaient (en 1897) de l'ordre de 2,50 fr par jour pour les hommes et de 1,50 fr pour les femmes. Le terrain se vendait 3,20 fr le m_ pour les terres agricoles et 2,80 fr pour les terres de pâture… Les temps ont changé.

Sur le plan judiciaire, la commune dépendait de la Justice de Paix du Canton de St-Josse. Ce n'est que vers 1960 que fut créé le canton de Justice de Paix de Kraainem-Wezembeek.

Les recrues de l'armée étaient désignées par tirage au sort. Celui qui était désigné pouvait d'ailleurs, s'il était riche, payer un moins riche pour aller se faire tuer à sa place. Belle époque.

On retrouve dans les archives communales que:

- Un ouragan a dévasté Laag-Kraainem le 11 juin 1839 et les inondations ont occasionné de graves dommages: "les causes de l'inondation proviennent du fait que les moyens d'écoulement sont insuffisants vu le peu d'élévation et le peu de largeur de l'aqueduc sous la route à Woluwé-St-Etienne" (la route étant une ruelle qui avait amélioré le passage à gué, il ne s'agit pas encore de Bld de la Woluwe car là c'était toujours le marécage!)

L'URBANISATION DE LA COMMUNE

Les bois de Stockel étaient échus à la famille d'Huart vers les années 1920. Quand l'aïeul A. d'Huart mourut en 1927, ses héritiers constituèrent la société Immobilière de Stockel et construisirent une route à travers ces bois. C'est l'actuelle avenue d'Huart qui, jusqu'en 1960 environ, resta une route de pierrailles. Les immeubles de "Hurlevent" furent bâtis. Par la suite ce fut le tour des immeubles de la société Utrecht et le lotissement démarra à partir de 1930, s'accéléra brutalement après la guerre de 40-45 pour atteindre son point culminant au cours de ces dernières années.

En 1940, la population est de 2.800 habitants, en 1945 elle est passée à 3.254 habitants et 5.190 en 1954, année du démarrage de la grande urbanisation de la commune.

En 1949 commencent les travaux de construction de la société d'habitations dites sociales "Eigen Haard". En 1954 fut entamée la construction du quartier Joséphine Charlotte (Petite Propriété terrienne) qui furent achevés en 1960 (174 habitations). Les habitants de ce quartier ont pour la plupart acquis leur maison par la suite.

En 1967, la population compte 11.050 âmes et n'a plus évolué très fort depuis lors. En 1993, elle est de 12.780 personnes, dont, il faut le dire, 2.623 résidents non belges.

Entre-temps on avait construit deux écoles primaires, une Néerlandophone et une Francophone; une nouvelle paroisse avait vu le jour (St-Dominique en 1968).

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