"Vauban est son Double", à la Citadelle de Namur, du 11 au 20 Août

"Vauban est son Double", à la Citadelle de Namur, du 11 au 20 Août

 

Pour tous les amateurs de cape et d’épée ou de l’histoire, à l’époque de Louis XIV, un spectacle en plein airs’impose, à la Citadelle de Namur, à l’arrière de l’ancienne caserne « Terra Nova »: « Vauban est son Double », mis en scène et co-écrit par le Namurois Jacques Neefs, de la compagnie belge « Act’Hours », fondée en 1991, année où la Citadelle de Namur fut reconnue comme un « Patrimoine immobilier exceptionnel de la Wallonie ».

Citadelle de Besançon

Mieux encore, la Citadelle de Besançon est inscrite, quant à elle, depuis 2008, sur la liste du « Patrimoine mondial de l’UNESCO », le point commun entre ces deux Citadelles étant d’être dues au génie architectural de Sébastien Le Prestre, Marquis de Vauban (1633-1707), ingénieur militaire de Louis XIV.

Pourquoi évoquer cette autre Citadelle ? Parce que le spectacle proposé à Namur, du vendredi 11 au dimanche 20, à 21h (relâche le mercredi 15), le fut à la Citadelle de Besançon, du 26 au 28 août 2016, puisqu’étant une co-production franco-belge, la pièce de théâtre « Vauban est son Double » ayant étant écrite par Jacques Neefs et François Costagliola, membre de la « Compagnie Keicha », fondée en 2003, à Besançon.

Citadelle de Namur (c) « Dernière Heure »

Ainsi, comme tient à le préciser Arnaud Gavroy, Echevin de la Citadelle, à Namur, il s’agit, ici, d’une intéressante collaboration entre les Villes de Besançon et de Namurdeux auteurs et des acteurs français et belges unissant leurs talentspour un théâtre de haut-vol, utilisant des mots aussi tranchants que des lames, se jouant les destins d’une certaineFrance et d’une certaine Europe, des visions tolérantes ou totalitaires de nos sociétés s’affrontant sur scène.

« Vauban est son Double » :

Grâce à ce spectacle en plein air, nous découvrirons un peu connuMarquis de Vauban, jeune (François Costagliolade la « Compagnie Keichad ») et plus âgé (Marc De Roy, de l’asbl « Act’Hours »), à travers le regard de ses proches, à savoir sa fille cadette, Jeanne-Françoise(Lou Chavanis, de la « Compagnie Keichad ») et son fidèle secrétaire, Friand (Boris Olivier, de l’asbl « Act’Hours »).

Synopsis: « Lorsque Vauban entre au service de Louis XIV, il s’engage pour la vie. Une vie de travail, de mesures, de calculs, de traits, de lignes, de pensées constructives, de dessins pour demain, … Une vie à panser la Ville, des Villes pensées pour protéger des vies… Homme de son siècle, Sébastien Le Preste sait qu’il est en avance sur son temps et qu’il ne doit pas le gaspiller. Il galope de place en place, de citadelle en citadelle et de mère en fille. »

Comment fait-il ? Quel homme se cache derrière ce preneur decités fortifiées ? L’honneur, la gloire, quelques vanités ? Ou tout simplement une idée de Liberté, d’Egalité, de Fraternité ? Pour connaître les réponses à ces questions, rendez-vous à la Citadelle de Namur, dès ce vendredi 11, à 21h.

… Et Arnaud Gavroy de nous préciser que pour arriver à cette collaboration franco-belge, il se rendit, en décembre 2015, à Besançon pour convaincre les Adjoints au Maire en charge de la Culture et de leur Citadelled’apporter  leur soutien à cet ambitieux projet, la télévision namuroise « Canal C » ayant filmé l’une des représentations, en août 2016.

Vauban à Namur, historiquement parlant :

Maréchal de Vauban
Siège de Namur par Louis XIV
(c) Musée « Groesbeek de Croix

Amplifiée et renforcée à plusieurs reprises, la Citadelle namuroise était, à l’époque du Marquis de Vauban, une des plus puissantes fortifications, sinon la plus puissante, des Pays-Bas espagnols, tournée contre la France et ses viséesexpansionnistes. En 1691, il y vint, discrètement, en personne, afin de repérer les lieux. Quand les troupes françaises investirent Namur, en mai 1692, Vauban approchait de la soixantaine, dirigeant ainsi son dernier siège. Et, « cerise sur le gâteau », c’est à Namur, en 1703, qu’il apprit son élévation au grade de Maréchal de France.

« Vauban, un Siècle de Révolution culinaire » :

En outre, exclusivement le samedi 19, de 18h30 à 20h30, en la « Salle Blanche de Namur », de « Terra Nova », un menu « Vauban, un Siècle de Révolution culinaire » nous sera proposé par l’ « Archéorestaurant »  et  PierreLeclercqhistorien de la gastronomie, avec, au menu, un « champignon farçi » (recette de 1651, de François La Varenne); deux mets du début du 17ème siècle, créés, en 1604, par Lancelot de CasteauMaître Queux des Princes Evêques de Liège, (« tête de veau à la mode d’Irlande », amenée entière à table, servie avec une sauce au vin, à la cannelle, au sucre et au fruits séchés; et « tourte aux épinards », avec fromage blanc et gingembre); suivis par deux mets de l’époque de   Sébastien Le Prestre, marquis de Vauban (1633-1707/« poulet en potage aux asperges »seulement épicé au poivre et au sel, premier témoignage de la cuisine française classique, telle que décrite, en 1651, dans le livre de François La Varenne, cuisinier du Marquis d’Uxelles; et « saumon en ragoût », avec citron, câpres, clous de girofle, poivre, sel et bouillon de verjus (jus acide de raisin immature), tel que présenté par l’ Officier de Bouche François Massialot, dans son livre, publié en 1691, sous le titre « Nouveau Cuisinier royal et bourgeois »). 
 
 
Une « poire cuite au vin épicé », telle qu’elle était servie à l’époque de la Renaissance italienne  terminera ce repas hors du temps, alors que nous aurons pu goûter à deux vins particuliers, l’ « hypocrass »  un rouge, servi bien froid, épicé à la canelle, au clou de girofle, à la cardamone, au  miel, au sucre et au gingembre, sans oublier un zeste d’agrumes, tel que d’Artagnan en buvait, selon Alexandre Dumas, dans « Vingt Ans après »  et la « saugée », un blanc, fort des mêmes ingrédients, ainsi que de sauge. Notons le prix abordable pour un tel festin, le spectacle et les boissons étant compris: 75€ par couvert (uniquement sur inscriptions, clôturées cinq jours avant le repas, via info@citadelle.namur.be).
 
Conclusion :
 
Arnaud Gavroy, historien de formation, de regretter que les Namurois ne connaissent pas assez leur Citadelle, contrairement à nos amis français qui sont fiers de la leur, les points communs entre les deuxCitadelles étant qu’elles furent toutes les deux espagnoles et que Vauban remporta chacun des deux sièges.
 
Et d’ajouter: « Cette pièce de théâtre, quoique présentant des faits du 17ème siècle, est bien d’actualité, puisqu’évoquant un affrontement politique et idéologique, quant à la tolérance ou non de différentes religions, catholiques et protestants s’opposant à l’époque de Sébastien Le Prestre. »
 
 
Entre l’histoire, les aventures et le patrimoine, entre un combat d’idées et des combats d’épées, nous sommes attendus pour assister à un spectacle convenant pour tous les âges, à la Citadelle de Namur, récemment restaurée, dont les pierres feront résonner les échos trépidants d’une vie passée au service de Louis XIV, pour le bien de son peuple.
 

Dates: du vendredi 11 au dimanche 18, à 21h, à l’exception de mercredi 15. Prix d’entrée:12€ (9€50, de 06 à 18 ans, étudiants, comédiens et à partir de 65 ans / 0€, – de 6 ans. Prix combiné spectacle + repas « Un siècle de révolution culinaire », exclusivement le samedi 19: 75€ (aucune réduction). Site web:  www.citadelle.namur.be.

Yves Calbert.

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